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Economie : Le Nkani akota niongo, atala te


Par | Mercredi 20 Janvier 2016 | Lu 991 fois | 0 Commentaire

Brazzaville, (Starducongo.com) - Au Royaume des Nkani, le pouvoir se maintient désormais par le surendettement.



Patrick Eric Mampouya
Patrick Eric Mampouya
Question : Que fait un Nkani quand les recettes de l’Etat tarissent ? Réduit-il les dépenses ? Serre-t-il la ceinture ? Se lance-t-il dans des investissements stratégiques ?

Réponse : Non, le Nkani fait plutôt recours à l’endettement. Il vit à crédit et passe la facture aux générations futures.

DETAILS.
C’est une drôle d’éthique parfois que celle des Nkanis. La dévolution du pouvoir par exemple chez les Nkanis ne se fait jamais d’une manière pacifique. Il n’y a jamais quelqu’un d’assez intelligent, d’assez compétent, d’assez préparé pour remplacer le Nkani, rappelez-vous.
Mais quelle est cette chose que le Nkani accepte volontiers de transférer au suivant, aux générations futures ? La dette. Oui, la dette.

Plongée dans les pratiques économiques du Nkani en ces temps de crise économique.
Il était une fois un Nkani et son royaume. Pour entretenir ses dépendants et faire fonctionner son royaume, le Nkani avait toujours besoin d’argent. Beaucoup d’argent. Ainsi, il regroupa toutes ses éminences, cerveaux bleus et autres pour lui annoncer tels des oracles le chiffre exact : 2.129 milliards 120 millions de francs CFA, c’est le montant qu’il lui faut, disent les éminences du Nkani.
Et d’où viendra cet argent, s’interrogeait le Nkani. Disons, plus de 80% de cet argent viendront de la vente du pétrole, ce don que les Dieux ont fait au royaume du Nkani.
Vite les experts du Nkani consultent les oracles et les « sages du villages » qui leur disent que le baril du pétrole du Nkani se vendait à 96$ chez les blancs. 96 dollars ? Non, rectifient les experts du Nkani. 70$ le baril, c’est plus conservateur.
Ainsi, le budget pour l’entretien du royaume tablé, il faut se mettre au travail : « Travaillons d’abord », lance-t-il. Seulement voilà : la Fontaine qui connaissait bien les mentalités des « clients » du pétrole du Nkani disait : « Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ».
Evidemment, les Maitres du monde avec leur « main invisible » ont décidé autrement. Au lieu de 70$ comme prévoyaient les cerveaux bleus du Nkani, le pétrole se vendait désormais entre 33 et 26 dollars le baril. Alors, vite, il faut penser à diversifier les ressources. Que faire ?
Le Nkani a besoin d’argent, beaucoup d’argent. MAINTENANT des solutions :

1-La consommation des réserves officielles brutes de l’Etat :
Par le passé, avec l’annulation de la dette de son royaume, le Nkani avait fait des épargnes considérables qu’il a appelé « fonds pour des générations futures ». Oui, les Nkanis pensent aussi au futur, surtout durant les périodes d’excédents budgétaires. D’abord, le Nkani gardait ces fonds à la BEAC. Mais les contraintes de transparence et d’épargne n’étaient pas du gout du Nkani. Ainsi, le Nkani a progressivement transféré ces fonds à la China EXIM BANK.
Là-bas, il peut vite faire des profits, et s’endetter en même temps en présentant ces fonds comme hypothèque. Par ailleurs, en 2013, ces dépôts en devises à cette banque chinoise représentaient 38% du PIB du Congo. Cependant, depuis 2014, le Nkani se sert allègrement de ces réserves pour résoudre ses problèmes internes et externes. Le Nkani le sait. Il ne peut pas compter pour longtemps sur ces réserves. Il faut d’autres alternatives.

2-La collecte des impôts sur les personnes physiques et les sociétés.
La taxe sur le commerce international. Si avant la crise, le Congo Brazzaville avait déjà le climat des affaires le plus difficile de tous les pays d'Afrique Subsaharienne, imaginez le calvaire que vivent les entreprises implantées au Congo en ces temps de maigres recettes d’Etat ?
En ce moment, l’impôt et la taxation demeurent les seuls secteurs hors pétrole qui font fonctionner le royaume du Nkani. Cependant, avec le climat d’incertitude politique instaurée dans le pays par le Nkani lui-même, l’incapacité de l’Etat à honorer ses engagements vis-à-vis de ses partenaires privés internes, mais surtout les brimades au quotidien des Entrepreneurs évoluant au Congo, les Hommes d’affaires préfèrent aller investir leurs capitaux ailleurs.
Le cas du jeune Entrepreneur Congolais, Vérone Manckou, qui a décidé désormais d’aller s’installer en Côte-d’Ivoire, en dépit des pressions du gouvernement, illustre bien le climat difficile des affaires au Congo-Brazzaville.

3- Les BTP : Bâtiment et travaux publics
En dehors du Milliardaire Nigérian, Aliko Dangote qui entretient des rapports privilégiés avec le Nkani lui-même, et qui a investi dans ce secteur (le ciment), les BTP ne font pas encore rentrer des recettes suffisantes pour l’entretien du royaume du Nkani.
Les travaux publics entamés depuis longtemps sont pour la plupart aux arrêts. L’Etat ne paye plus ses factures. Le Nkani ne peut pas compter sur ce secteur pour maintenir son pouvoir.

Que faire ? L’ENDETTEMENT. Le Nkani doit s’endetter.
Il doit s’endetter pour garder un semblant d’ordre dans son royaume. Le Nkani s’endette au sein des institutions de la sous-Région. Mais surtout, le Nkani s’endette auprès des CHINOIS.
Un exemple précis. Entre 2013 et 2014, le Nkani a reçu un financement de la chine d’un montant de 1 milliard de dollars. En 2015, le Nkani aurait reçu de la chine plus de 3 milliards de dollars pour des priorités suivantes :
1- Construction des infrastructures (jamais réaliser)
2- Reconstruction du Quartier Mpila détruit par les explosions d’armes.
3- L’organisation des jeux Africains de 2015.

Conclusion : Au royaume des Nkanis, le présent a toujours primé sur le futur. Au royaume du Nkani, la gratification instantanée est la règle de vie. Ceux qui parlent de diversification de l’économie, d’exploitation du potentiel agricole du Congo, et surtout de la formation des jeunes pour booster la compétitivité de l’économie Congolaise n’ont rien compris du fonctionnement de l’économie dans le royaume du Nkani.
Le Nkani, lui, pense au présent. Il s’endette ; il vit à crédit. Pourquoi ? Parce que la seule chose que le Nkani sait transférer pacifiquement aux générations futures, c’est la dette.
Dans 10, 15, 20 ans, le Nkani ne sera plus là, quand le pays aura des difficultés financières pour payer ces dettes contractées par le Nkani.
Chez le Nkani, on dit : « Akota Niongo Atala te. Ce n’est pas MOI qui paye »

Patrick Eric Mampouya
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