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Faux résultats publiés sur Jeune Afrique : bricolage arithmétique et collusion d’intérêts


Par | Mardi 22 Mars 2016 | Lu 796 fois | 0 Commentaire

France, (Starducongo.com) - Alors qu’au Congo l’attente des résultats de l’élection présidentielle est forte, et décuplée par le blocage total des communications, un article publié d’abord, sans être signé, dans la nuit de lundi à mardi sur le site internet de l’hebdomadaire Jeune Afrique, et repris ensuite sans vérification par certains médias, prétend dévoiler une tendance.



Benoît Koukébéné
Benoît Koukébéné
Selon ces lignes « les premiers résultats partiels de la CNEI », la commission nationale électorale indépendante, « placent Sassou Nguesso en tête » de l’élection présidentielle du 20 mars, avec à ce stade, sur 52,7 % de dépouillements effectués, 61,4 % des votes exprimés en faveur du président sortant, contre 16,2 % pour Guy Brice Parfait Kolélas, et 13,28 % pour Jean-Marie Michel Mokoko.

Les chiffres publiés, d’abord, montrent de graves incohérences. Sur un total de 1 117 637 votes dépouillés, soit 52,7 % du total des votes exprimés, 297 143 voix seraient recueillies par Denis Sassou Nguesso, soit un score de 26,58 %, et non 61,4 % comme annoncé. Ceci se rapproche du constat effectué par la Commission technique électorale mise en place par l’opposition dans la journée de lundi, et qui place Denis Sassou Nguesso en quatrième position après dépouillement dans les villes de Brazzaville, Pointe Noire, Dolisie et Owando.

Le correctif émis par Jeune Afrique après plusieurs heures (à 9h50, la première version ayant été publiée à 00h23) ne fait qu’embrouiller un peu plus le propos tenu. Ce correctif affirme : « Une erreur de transmission nous a fait écrire que ces 52,7 % des suffrages exprimés représentaient 1 117 637 votants, ce qui n’est évidemment pas le cas. » Or il s’agit bien des seuls chiffres qui, dans la première version, semblaient concorder : la note évoquée parlait ainsi de 52,7 % des votes exprimés, soit 1 117 637 votes analysés. Ce dernier chiffre semble bien correspondre à un peu plus de la moitié du corps électoral pour ce scrutin (2 124 651 électeurs au total), alors que la forte mobilisation de l’électorat a été reconnue par tous les observateurs.

Au-delà de ces incohérences évidentes, voire du lapsus que constituent ces chiffres sur la réalité des résultats, l’engagement actif de Jeune Afrique dans le processus électoral à travers cette annonce factice traduit aussi un conflit d’intérêts et une collusion connue de l’hebdomadaire et du pouvoir congolais, qu’il importe de souligner aujourd’hui. M. François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, est en effet l’époux de Mme Arlette Soudan-Nonault, de nationalité congolaise, proche du clan Sassou Nguesso, et membre du bureau politique du Parti Congolais du Travail, chargée de la communication du PCT. Mme Soudan-Nonault appelait ainsi, il y a quelques jours, à voter en faveur du président sortant sur les réseaux sociaux. Le magazine est par ailleurs largement financé par le régime congolais, à travers de nombreux publi-reportages à la louange de Denis Sassou Nguesso, dont la fréquence a augmenté ces derniers mois à l’occasion du référendum puis de la campagne présidentielle.

Cette connivence de fait entre Jeune Afrique et le régime Sassou explique, peut-être, que l’hebdomadaire soit le seul média à s’avancer ainsi dans la publication de résultats manifestement et maladroitement fabriqués, à rebours de toutes les réserves et condamnations exprimées par les journalistes présents sur place et par les chancelleries. À ce comportement problématique devra correspondre une responsabilité morale et juridique de Jeune Afrique, dans l’éventualité de troubles liés à la publications de faux résultats.
Moi, Benoît Koukébéné, j’appelle aujourd’hui l’ensemble des acteurs politiques congolais ainsi que la communauté internationale à redoubler de vigilance, face au risque de fraude électorale au Congo Brazzaville, alors que le peuple a, par sa mobilisation dimanche, montré sa volonté de changement au sommet de l’État. Nous, membres de l’opposition, refuserons catégoriquement d’assister passivement à une nouvelle illustration de la volonté de manipulation des résultats électoraux par le régime de Denis Sassou Nguesso.

Benoît Koukébéné
Ex-Ministre des hydrocarbures (1993-1997)
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