Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Sassou Nguesso : ni président ni chef d’État, mais chef de guerre


Par | Vendredi 29 Avril 2016 | Lu 2943 fois | 2 Commentaires

France, (Starducongo.com) - Après avoir perdu la consultation électorale du 20 mars 2016, Denis Sassou Nguesso n’est plus Président ni chef de l’État de la République du Congo. En vérité, et en dépit de la parodie protocolaire du 16 avril 2016, il n’est plus qu’un simple chef de guerre.



Benoît Koukébéné
Benoît Koukébéné
Qu’est-ce qu’une investiture ? La définition courante admet qu’elle consiste en une cérémonie codifiée (usages, règles et coutumes) durant laquelle une personnalité revêt une fonction ou une position d’autorité et/ou de responsabilité, pour l’exercice d’un mandat.

Au terme d’une élection présidentielle, cette cérémonie marque le transfert de pouvoir d’un président sortant à un président élu ou réélu.

Et, dans un système démocratique véritable et un régime républicain conséquent, cette cérémonie requiert un préalable majeur qui lui donne toute sa signification et surtout son seul fondement légal : la légitimité populaire sortie des urnes.

Ainsi, doit-on dire : la légitimité précède la légalité ou encore la légalité procède de la légitimité. L’inverse n’est pas vrai. En effet, opiner que la légalité précède et détermine la légitimité, c’est abolir le peuple. La tyrannie n’est rien d’autre que la suspension du peuple. Denis Sassou Nguesso ne fait rien d’autre, depuis des années.

Le pauvre Lucien Pambou (éditorialiste, enseignant à Paris-13) l’admet lorsqu’il invite le peuple congolais à « respecter les textes ». Il inverse les bases élémentaires de ce que l’on enseigne en science politique sur la légitimité éthique et la légalité politique. Il construit une maison en commençant par le toit. À chacun son prodige.

Alors, s’agissant du Congo Brazzaville, une question épineuse se pose : que penser, lorsque nous sommes devant le cas de figure suivant : le « président sortant » n’est pas le « président élu » mais le « président investi » ?

Vous l’aurez compris, nous sommes dans une sorte de « querelle des investitures », pour reprendre une expression ancienne. Qui investit, le peuple ou les « copains » ? Car le peuple a « désinvesti » Denis Sassou Nguesso lequel a été « investi » par son clan. Combien de temps durera cette drôlerie ?

En effet, le 20 mars 2016, par les urnes, le peuple a « désinvesti » Denis Sassou Nguesso, comme en témoigne l’ensemble des procès-verbaux disponibles. En outre, jamais en Afrique une élection ne s’était déroulée de la sorte : fraude électorale, coupure des communications, arrestation et assignation à résidence des opposants, décompte falsifié des voix, proclamation nocturne des résultats et ce au quartier général de campagne du président candidat, bombardements d’une région et, dans le même temps, parodie d’investiture.

Les grandes chancelleries et organisations internationales, conséquentes avec les standards de tout scrutin « sincère », n’ont pas reconnu ces élections. Nous avons, par devers nous, un courrier des autorités françaises qui l’affirme explicitement. Récemment encore, le porte-parole du Quai d’Orsay a indiqué que la France n’est pas en mesure de certifier la crédibilité des résultats proclamés par la commission électorale maintenant Denis Sassou Nguesso à la tête du pays pour un nouveau mandat de 5 ans. Le département américain et le gouvernement canadien ne disent pas autre chose.

De l’ensemble des faits précédents et du questionnement sur la hiérarchisation entre les notions de légitimité et de légalité, nous pouvons immédiatement établir un triple constat :

Tout d’abord, cette parodie d’investiture s’inscrit dans une suite de tromperies d’État. Car celui qui a été investi est l’un des sept éliminés du premier tour, mais qui, par la force des armes, s’est fait proclamer vainqueur, dans les conditions que toutes les chancelleries des pays démocratiques condamnent.

Par suite, cette investiture est sans fondement éthique, juridique et politique. Elle reste une caricature une farce protocolaire.

Enfin et en conséquence de quoi, le Congo Brazzaville est au cœur d’un « vide juridique » et donc en plein « état de nature ». Les répressions dans le sud de Brazzaville et les massacres du Pool en cours en sont une preuve éclatante.

Denis Sassou Nguesso, qui foule aux pieds les principes élémentaires du Droit, ne se maintient à la tête de l’État que par la force guerrière, l’arrestation (Modeste Boukadia, Jean Ngouabi, etc.) et l’encerclement des opposants (Jean-Marie Michel Mokoko, Claudine Munari, etc.) et l’intimidation des populations (bombardements et kidnapping).

De ce qui précède, nous devons tirer le seul enseignement juste qui soit : Denis Sassou Nguesso n’est ni le Président de la République du Congo, ni le chef de l’État, mais un simple chef de guerre à la tête d’une milice armée, à l’image de Charles Taylor (Libéria) ou de Foday Sankoh (Sierre Leone). Et, comme eux, il devra rendre compte de sa folle tyrannie et de ses actes devant un tribunal.

En conclusion de cela, une quadruple considération s’impose :

En premier lieu, toute nomination d’un Premier ministre selon l’article 83 de la Constitution est de facto nulle, de nul effet et sans légitimité. Ainsi, la formation et les actes d’un tel gouvernement, qui se fondent sur les articles 98 à 105, n’engagent pas le Congo mais leurs seuls auteurs.

En deuxième lieu, conséquence directe de ce qui précède, Denis Sassou Nguesso et Clément Mouamba ne gèrent, pour lors, que « les affaires courantes ».

En troisième lieu, dès que les conditions seront réunies, le second tour du scrutin du 20 mars 2016 sera réactivé et opposera Jean-Marie Michel Mokoko et Brice Parfait Kolélas, sortis respectivement premier et second au premier tour des élections présidentielles.

En quatrième et dernier lieu, il revient au peuple congolais et à l’opposition congolaise de reprendre l’initiative historique, en se préparant à abolir la tyrannie, y compris par l’insurrection populaire. À moins qu’une partie de l’armée ne fournisse la solution.

b[Benoît Koukébéné]
Ex-Ministre des hydrocarbures (1993-1997)
Lu 2943 fois


Vos commentaires:

1.Posté par isidore aya de makoua le 29/04/2016 12:22 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Guy Parfait Kolelas incarne t-il l'opposition de façade à Sassou et aux Nguesso?

MÉFIEZ-VOUS DE CONTREFAÇONS OPPOSANTS A SASSOU NGUESSO ET A L'OYOCRATIE !
Guy Parfait Kolelas et Sassou Nguesso, c'est la même écurie du mal, du malheur des Laris et du Pool et ou voire du Congo Brazzaville !

http://congo-objectif2050.over-blog.com/2016/04/guy-parfait-kolelas-incarne-t-il-l-opposition-de-facade-a-sassou-et-aux-nguesso.html

2.Posté par isidore aya de makoua le 30/04/2016 11:49 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

SASSOU NGUESSO USURPE LE NOM DE DOMAINE INTERNET: CONGO LIBERTY.COM
Le(les) nom(s) de domaine(s) d'un (des) site (s) internet est (sont) la propriété intellectuelle de l'individu, de l'association, de l'entreprise et de l'organisme attitré pendant l'enregistrement numérique d'un ou des domaines quels qu'ils soient.
Par conséquent, toute utilisation frauduleuse et ou non consentie avec l'ayant droit du domaine (par exemple sassouffin.fr, sassouffin.com, sassouffin.eu, sassouffin.biz, etc) est punie par loi. https://www.youtube.com/watch?v=Kh6slGGPvZo

Nouveau commentaire :

Publions des commentaires constructifs pour avancer


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 18 Août 2017 - 11:36 Mon combat contre le Franc CFA

Beauté et Mode | Libres propos | Formation | Football | RD Sport | Job et Stages | RD Congo | Les arts | Handball | RD Société | Gouvernement | High Tech | Arts martiaux | Monde | Metiers | Indiscretions | Basket-ball | Sports | Athlétisme | Portraits | Autres Sports | Tennis | Interviews | Afrique | Interviews Sports | Maghreb | Dans les bacs | Festivals | Rétrospective | Paroles de chansons | Livres | Divertissement | Cuisine congolaise | Bourses et Concours | Ambassades | Actualité RDC | Sante | Economie | RD Politique | Ils ont dit | Etudier A | Polémique | Live | Concert | Société | Zoom | Anecdotes